État des lieux

Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations : état des connaissances

Véritable cœur de métier du Syndicat du Bassin Versant de l’Huveaune, les thématiques en lien avec la GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations), compétence obligatoire dès 2018, font l’objet d’actions dans le Contrat de Rivière.

Ces deux compétences de gestion quantitative des inondations et de gestion qualitative et de restauration des milieux naturels aquatiques ont longtemps été gérées de manière plus ou moins séparées. Pour en savoir plus.

Aujourd’hui, il parait essentiel de gérer ces deux aspects en synergie, afin de rendre aux cours d’eau le fonctionnement le plus adapté possible en alliant restauration des fonctionnalités écologiques et morphologiques des cours d’eau avec un fonctionnement hydraulique adapté aux enjeux présents à proximité.

La présentation de l’état des lieux en lien avec la GEMAPI s’efforce de connecter au mieux gestion des inondations et des milieux.

Des cours de’au malmenés mais des opportunités d’amélioration en synergie avec l’aménagement du territoire et la prévention des inondations.

Plan artificialisation des cours d'eau

Cartographie relative à l’artificialisation des cours d’eau réalisée lors de l’état des lieux préalable à l’élaboration du Contrat de Rivière. Celle-ci sera actualisée lors de la finalisation du schéma directeur de gestion globale des milieux aquatiques
Source : SIBVH, 2012

L’anthropisation des cours d’eau et la dégradation de leur fonctionnement

L’Huveaune à sec entre la Pugette et la Mer
@SIBVH
Couverture de l’Huveaune à la Penne-sur-Huveaune
@SAFEGE
L’Huveaune à sec entre la Pugette et la Mer
@SIBVH

Au cours du temps, les cours d’eau du bassin versant ont été fortement artificialisés. De nombreux aménagements (seuils, béals) témoignent de l’activité industrielle et artisanale historique de la vallée. L’Huveaune, le cours d’eau le plus impacté par ces aménagements présente à lui seul 64 seuils sur un linéaire de 52 km. Les principaux affluents de l’Huveaune comptent quant à eux 80 seuils. La plupart de ces ouvrages n’ont à l’heure actuelle plus d’usage. Se pose ainsi la question de leur maintien ou non, au vu de leur caractère impactant (détournement d’eau, nuisances diverses), ainsi que de leur bénéfice pour les cours d’eau (réservoir écologiques, zones de repos pour la faune).

Un certain nombre d’aménagements divers altèrent la morphologie de l’Huveaune et de ses affluents : déviation, seuil, cuvelage, couverture, enrochement, érosion, défaut d’entretien, etc. Ceci perturbe les fonctionnalités écologiques des cours d’eau aussi bien en termes de qualité physique (état du lit et des berges, continuité écologique) que de quantité d’eau disponible pour la vie aquatique. A ce titre, la méconnaissance des prélèvements réalisés par les usagers des cours d’eau ne permet pas d’appréhender leur fonctionnement dans leur globalité. Néanmoins ceux-ci ont un réel impact sur la qualité du milieu (assecs ou inondations). Cette altération de la morphologie a également un impact sur la qualité des eaux, du fait de la perte de leurs capacités auto-épuratoire. Il est ainsi essentiel de connaître avec finesse les altérations subies par les cours d’eau du bassin versant, afin d’en appréhender leurs causes et conséquences de manière plus complète.

Un potentiel écologique à préserver


Outre ces dégradations, le bassin versant recèle une richesse écologique à préserver et à mettre en valeur. Sites Natura 2000, futur PNR Ste-Baume, ZNIEFF, sites gérées par le CEN PACA ou le conservatoire du Littoral sont autant d’espaces abritant des espèces faunistiques et floristiques d’intérêt, parfois menacées ou sensibles.

Macro-déchets sur les berges de l’Huveaune, juillet 2014
Source SIBVH

La problématique des macro-déchets est prégnante sur le bassin versant de l’Huveaune. Qu’il s’agisse de  méconnaissance ou d’incivilité, cet apport de déchets dans le cours d’eau pose de nombreux soucis, en termes de qualité de l’eau, de qualité des milieux aquatiques, d’image du cours d’eau et de dégradation du cadre de vie, mais également face au risque inondation (formation d’embâcle).

 

Un territoire vulnérable aux inondations et des outils à mettre en oeuvre en lien avec l’aménagement du territoire

Crue par débordement de cours d’eau vs crue par ruissellement

L’urbanisation des villes entraine l’imperméabilisation de grandes surfaces au sol (parking, route, zone commerciale, habitation, etc..). Sur ces surfaces l’eau ne pouvant plus s’infiltrer, elle ruisselle et s’accumule en aval d’un bassin versant, faisant monter le niveau des cours d’eau plus rapidement, aggravant alors la situation provoquée par les intempéries. Lors de pluies importantes ces ruissellements facilitent ainsi la survenue d’inondations.

Remarque : la Ville de Marseille en 2014 s’est vue prescrire un PPRI pour ces 2 types de risque : crues et ruissellement

Des crues importantes même avant l’urbanisation de la vallée : quelques points-clés

  • La première crue recensée date de 1518.
  • De nombreuses inondations recensées entre le 16ème et le 18ème siècle, notamment celle du 20 octobre 1741 qui entraîna de graves problèmes à la confluence de l’Huveaune et du Merlançon à Aubagne.
  • Au cours du 19ème et 20éme siècle, plusieurs crues qualifiées de « tricentennale » (1892), « décennale » (1960) et « trentenale » (1978) se sont produites.
  • La crue de 1978 est une des plus marquantes du 20ème siècle, entraînant une inondation de nombreuses zones urbanisées à Saint-Zacharie, Auriol, Roquevaire, Aubagne, La Penne-sur-Huveaune et Marseille. Le fort débit de l’Huveaune provoqua des glissements de terrain à Auriol et impliqua l’évacuation de plusieurs personnes.
  • Plus récemment entre 2000 et 2003, les précipitations exceptionnelles, qui se sont produites ont causé des “inondations éclairs”, provoquant le débordement de l’Huveaune accompagné d’un ruissellement fort des vallons et faisant plusieurs victimes.
  • Le 14 décembre 2008, l’Huveaune fut en limite de débordement aux centres villes de Roquevaire et d’Aubagne, et des débordements à la Z.I. des Paluds à Aubagne sont observés.
  • L’absence de forte crue ou d’inondation jusqu’à présent ne signifie pas que le territoire n’est pas soumis à ce risque.