État des lieux

Les ressources en eau du bassin versant, état des connaissances

Focus sur l’enjeu C

Des ressources locales abondantes méconnues et peu sollicitées

L’ensemble des volets de l’enjeu C sont développés dans le document « diagnostic préalable au Contrat de Rivière

la cartographie illustre l’origine de l’approvisionnement en eau sur les communes du bassin versant. Concernant les communes de Mimet, Saint Savournin, Cadolive, Gréasque, Bélcodène, La Destrousse, La Bouiladisse, Peypin, Trets et Le Castellet, l’approvisionnement en eau provient exclusivement du Canal de Provence, dont l’eau provient du cours d’eau du Verdon). Les communes de Plan de Cuques, Allauch, La Penne sur Huveaune, Carnoux en Provence, Roquefort sont alimentées en eau par le Canal de Marseille exclusivement, dont l’eau provient du cours d’eau de la Durance. Quant à elles, les communes de Roquevaire, Cuges-Les-Pins, Riboux, Signes, Plan d’Aups Sainte Baume et Saint Zacharie exploitent des ressources locales via des captages pour l’alimentation en eau de leur commune. Concernant la commune de Marseille 20% des eaux utilisées proviennent du Canal de Provence, 80% proviennent du Canal de Marseille Concernant la commune d’Auriol 18% des eaux utilisées proviennent du Canal de Provence, 82% des ressources locales. Concernant la commune de Gémenos 35% des eaux utilisées proviennent du Canal de Marseille, 65% des ressources locales.
Cartographie présentant les origines de l’approvisionnement en eau sur le bassin versant (diagnostic préalable au Contrat de Rivière)

Une alimentation en eau provenant en majorité d’apports extérieurs

L’alimentation du territoire en eau est en majorité réalisée grâce au transfert de ressources extérieures au bassin versant. En effet, moins de 5% de l’eau consommée sur le territoire est issue des ressources locales. Ainsi, la majorité de l’eau potable est acheminée depuis la Durance et le Verdon par le Canal de Marseille (environ 75%) et le Canal de Provence (environ 22%). Du fait des changements climatiques à venir et d’une diminution estimée des apports en eau, le besoin de mener une réflexion sur la sécurisation et diversification est établi pour répondre à cette dépendance au système Durance-Verdon.

Certains aquifères karstiques en lien avec l’Est du bassin versant de l’Huveaune constituent des ressources en eau importantes et peu exploitées. Les ressources souterraines des calcaires de la Sainte-Baume (appelées « château d’eau de la Provence ») et du Beausset sont identifiées comme « ressources stratégiques pour
l’alimentation en eau potable dans le SDAGE ».

Kart’eau : un projet structurant pour l’acquisition de connaissances

Ce projet porté par l’Université de Provence (Aix Marseille Université) entre 2008 et 2012 et cofinancée par l’Agence de l’Eau, les Départements  des Bouches-du-Rhône et du Var et la Région, a permis l’acquisition de connaissances sur les ressources en eau dans les calcaires du bassin du Beausset : fonctionnement, production, lien avec les cours d’eau, mais également les usages qui pourraient en être fait.

Les résultats issus de ce projet ont ouvert des perspectives intéressantes pour une poursuite du projet, notamment par des études pour caractériser la ressource dans le karst, pour identifier les zones d’infiltration, par la mise en place d’un suivi des eaux.

Le SOURSE, une démarche régionale pour la prise en compte de la ressource en eau dans l’aménagement des territoires

La photographie montre une cavité souterraine horizontale. Une personne y est accroupie et de l’eau lui recouvre les pieds.
Rivière souterraine amont Encanaux © Bruno Arfib

 

 

 

Le Schéma d’Orientations pour une Utilisation Raisonnée et Solidaire de la ressource en Eau a fait état dans son diagnostic préalable du déficit de connaissances sur les ressources souterraines. Le besoin de développer une réflexion sur la diversification des

ressources et la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable des populations est appuyé par cette démarche, qui fédère les acteurs liés à la gestion des eaux superficielles et souterraines au travers des diverses rencontres organisées (en partenariat notamment avec l’Agence de l’Eau et le BRGM).

 

 

 

 

la photographie illustre la surverse du bassin de la Montade dans une partie souterraine du Jarret à Plan de Cuques
Point d’alimentation du Jarret à Plan-de-Cuques (surverse bassin de la Montade) © SIBVH

 

la photographie illustre la surverse du canal de Marseille dans le Jarret à Allauch, dans sa partie aérienne
Surverse du canal de Marseille dans le Jarret à Allauch © SIBVH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des relations complexes entre eaux superficielles et eaux souterraines liées au fonctionnement naturel et aux usages

Le bassin versant de l’Huveaune est un territoire sensible à la sécheresse. Les étiages sévères sont accrus du fait du caractère karstique du bassin qui favorise les infiltrations.

Du fait également des prélèvements existant le long du cours d’eau, l’Huveaune et ses affluents peuvent présenter des assecs. Cette situation est constatée à l’aval du Pont de l’étoile sur l’Huveaune et de manière très fréquente sur l’ensemble du cours du Jarret. En effet, le débit des cours d’eau est fortement dépendant de l’action anthropique, celle-ci n’étant que très peu connue et surveillée.
A ce titre, lors de phénomènes trop importants, le Plan d’actions sécheresse des Bouches-du-Rhône implique une restriction des usages en fonction des périodes.

Au contraire, certains cours d’eau, notamment le Jarret sont alimentés par des surverses de canaux d’adduction en eau brute du territoire. De plus, plusieurs études ont mis en évidence des liens et échanges entre les masses d’eau souterraines (nappe alluviale, massifs karstiques) et les cours d’eau du bassin versant. Ces échanges revêtent une importance d’un point de vue quantitatif, mais également qualitatif, du fait de l’influence des deux compartiments sur l’état de leurs eaux.

Ainsi, entre influences d’origines naturelles et d’origines anthropiques, le fonctionnement du régime hydrologique de l’Huveaune et ses affluents s’avère extrêmement complexe et variable en fonction du contexte météorologique et des usages associés. à ce titre, l’amélioration des connaissances relatives à ces aspects s’avère nécessaire, afin d’alimenter les questions liées à l’aménagement du territoire et la sécurisation de son alimentation en eau, tout en prenant en compte le fonctionnement naturel des milieux aquatiques.

L’Huveaune aux Défensions en eau, en septembre 2007 (gauche) © SIBVH
L’Huveaune  à sec en octobre 2007  © SIBVH

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